Biennale des villes en transition #13 février 2021

La chronique de Damien Bouëvin, fondateur du biolab de Grenoble, Nemeton : Aujourd’hui, on va parler transition, on va parler de la Biennale des villes en transition et plus particulièrement des ambassadeurs et ambassadrices jeunes de cet événement dont je fais partie. 
C’est l’anglais Rob Hopkins qui en 2005 à théorisé ce concept de “transition écologique” dans son ouvrage “The TransitionHandbook: From Oil Dependency to Local Resilience”. D’abord pensé pour permettre aux villes de faire face au pic pétrolier et au dérèglement climatique, le concept de transition écologique a été décliné progressivement dans de nombreuses sphères économiques et sociales. La transition écologique recouvre dorénavant autant la transition énergétique que la transition industrielle et la transition agro-alimentaire.


C’est dans cet esprit de transition des villes de différents systèmes vers des nouveaux qu’à été créé en 2017 à Grenoble, la Biennale des villes en transition. Cet événement de 4 jours est l’occasion de découvrir des initiatives et d’aborder différents sujets liés à la transition à Grenoble et dans plusieurs des villes avec lesquelles notre commune est jumelée.
L’édition 2021 de cette biennale qui aura lieu du 1 au 4 avril contient quelque chose de nouveau. Pour la première fois, dans chaque ville participante à l’événement, a été constitué un groupe de jeunes locaux qui structurent des thématiques qu’ils et elles estiment importantes pour cette transition. Ces thèmes seront alors réunis en une interpellation d’élu·e·s à un niveau européen.

À Grenoble, trois thèmes seront traités. 
– Premièrement, la gestion des déchets avec un focus sur le plastique et les impacts sur la santé (les idée de zéro déchet ou zéro plastique) ainsi que l’aspect social des déchets (ségrégation du propre/sale dans les villes et dans le monde, qui nettoie la saleté ? qui la produit ?).
– Deuxièmement, l’aménagement de la ville et comment rendre la ville agréable, lier davantage la santé et l’environnement, garantir le bien-être de ses habitantes (espaces verts, îlots de fraîcheur), reconnecter la nature à l’espace urbain et rendre la ville résiliante aux changements climatiques.
– Troisièmement, la médiation scientifique : rendre accessible la culture scientifique aux citoyens et citoyennes via des espaces de pratique, d’apprentissage et de partage de connaissances (ex : un un laboratoire de biologie associatif) : sensibiliser toute la population aux enjeux écologiques et cela de manière inclusive.

À Grenoble, le groupe compte une douzaine de personnes âgées d’une vingtaine d’années et je suis le seul homme parmi celui-ci. Les ambassadrices sont toutes majoritairement étudiantes. Nous travaillons avec 4 autres groupes dans 4 autres villes dans 4 pays différents. 
Sfax en Tunisie, Ouagadougou au Burkina Faso, Suzhou en Chine et Essen en Allemagne.
À mes yeux, cette diversité est le plus gros point d’intérêt de ce projet et l’une des raisons principales pour laquelle j’y participe. Ce que je vais dire là, n’engage que moi mais ce que je trouve très intéressant de voir depuis le début de ce projet, c’est le fait que les gens de ma génération sont bel et bien à un tournant en termes de “pensée écologique”. Il y a là une véritable rupture en ce sens que de moins en moins de personnes pensent dorénavant que nous allons “sauver la planète”. Non non, ce combat-là est fini et nous l’avons perdu. Il est malgré tout important de tenter de sauver ce qui peut l’être mais nous sommes de ce côté-là de plus en plus dans une sorte de patrimonialisation de la nature. Oui effectivement, la vérité c’est que nous sommes la génération de l’adaptation. Et de cette adaptation dépendra notre survie en tant que société. Nous devons à tout prix éviter l’effondrement car celui-ci sera par nature profondément inégalitaire. Il laissera face contre terre celles et ceux qui sont déjà les plus pauvres et les plus opprimés. Notre société doit muter, pas disparaître. Cette transition sera une lutte intense. Nous perdrons certaines batailles. Nous en gagnerons d’autres. Mais une chose est sûre, comme le disait Dylan Thomas, nous n’entrerons pas docilement dans cette douce nuit.

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