Quand l’intelligence artificielle produit de l’art #9 janvier 2021

La chronique de Rafael Varela :

Le nombre de choses que les machines peuvent faire plus rapidement et mieux que nous, humains, augmente chaque jour qui passe. Ce phénomène est beaucoup plus souvent décrit sur ses aspects négatifs.

Qui n’a jamais entendu dire que l’intelligence artificielle est le vilain responsable pour la suppression de l’emploi, pour le marketing de masse, pour la collecte des données personnelles…Beaucoup craignent que l’IA dépasse et remplace l’humain.

Mais l’intelligence artificielle est aussi le héros qui permet l’amélioration des diagnostics médicaux, la réduction d’accidents, l’augmentation de la productivité agricole, de la sécurité…bref ! Nombreux sont ceux qui croient que l’IA profite à une meilleure qualité de vie.

Croyez-le ou non, chercheurs et scientifiques sont convaincus : l’IA fait beaucoup plus de bien que de mal ! L’apprentissage automatique commence d’ailleurs à envahir des secteurs auparavant exclusifs aux humains : ceux qui impliquent la créativité et le jugement artistique.

IA est, en effet, un terme générique et qui englobe beaucoup de concepts différents. Pour faire simple, on peut dire qu’un programme d’intelligence artificielle est une suite d’algorithmes mathématiques de classification. Alors qu’un programme ‘normal’ prend des entrées et utilise une logique pour produire une sortie, un algorithme d’intelligence artificielle utilise une combinaison des entrées et sorties simultanément, afin d’apprendre. 

On lui donne par exemple une photo d’un chien et on lui dit que c’est un chien ! Les résultats des opérations mathématiques correspondant à cette entrée génèrent une empreinte qui est mémorisé et associée à cette sortie. Le programme est capable par la suite donc de reconnaitre cette entrée. 

Une machine ne peut qu’imiter l’art et pas d’en créer ! N’est-ce pas ?

Bien que cette discussion puisse avoir un intérêt philosophique, du point de vue strictement technologique, c’est vrai ! En effet, un ne peut que « simuler » en quelque sorte la créativité. Ces programmes d’ordinateur ne peuvent s’appuyer que sur ce sur quoi ils ont été entrainés. 

Les algorithmes d’apprentissage sont bidirectionnels : dans l’exemple de tout-à-l ’heure, si on demande à l’ordinateur de nous montrer un chien il est capable de recracher un amalgame d’images correspondant à cette classification. De façon similaire, si on lui apprend des poèmes, il sera capable de concocter quelques phrases, mais pas toujours avec beaucoup de sens ! 

Il n’y a donc pas vraiment de création, ce serait plutôt une reproduction désordonnée des données d’entrée ?

On pourrait penser comme ça, mais en 2018, un tableau intitulé «Portrait d’Edmond de Belamy» a été vendu aux enchères pour plus de 380 000 Euros. Ça a surpris le monde de l’art parce que l ‘ «artiste» était un algorithme utilisé par le collectif parisien qui s’appelle Obvious. Ils ont introduit des milliers d’images dans un ordinateur, qui a ensuite utilisé ce qu’il avait appris pour créer une image originale. Peu de temps après, la galerie d’art contemporain HG de New York a accueilli une exposition intitulée «Faceless Portraits Transcending Time», présentant des impressions originales produites par un programme d’IA. Ces œuvres d’art ont ravivé des vieux débats notamment sur qu’est-ce que c’est que l’art et, surtout, sur l’avenir des artistes humains !  Quid de la propriété intellectuelle ? Parce que la réaction des spectateurs montre que ces créations sont au moins bien plaisantes esthétiquement et on n’arrive pas à les distinguer objectivement d’une création humaine. 

L’intelligence artificielle, le début d’une nouvelle révolution artistique.

Bien que l’IA puisse produire des œuvres d’art équivalentes à celles d’un artiste humain,les technologies de l’IA dans le domaine artistique sont encore dans leur état embryonnaire. Et à vrai dire, elles ne sont pas vraiment nécessaires. 

Mais nous pouvons utiliser nos machines pour développer notre créativité et repousser les limites de notre esprit. Kasparov, le mythique jouer d’échecs russe, était convaincu que sa bataille contre l’ordinateur Deep Blue d’IBM avait conduit, par la suite, à de meilleurs joueurs d’échecs humains. Au lieu de s’inquiéter de la menace de l’IA pour la suprématie créative humaine, il faudrait se concentrer sur les possibilités qu’elle offre. L’art étant le rejet des normes, Il vaut mieux considérer l’IA comme notre prochain partenaire créatif.

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